dimanche 18 décembre 2011
Ne vois tu pas que je meurs parrashios
Par Frédéric Mathevet le dimanche 18 décembre 2011, 13:47 - Transposer
mercredi 14 décembre 2011
La chair du son
Par Frédéric Mathevet le mercredi 14 décembre 2011, 10:45 - Méta atelier
C'est avec une grande joie que je vous invite à vous rendre sur cette belle revue de recherches artistiques, consacrée ce semestre au "charnel" dans la musique! Très bonne lecture et n'hésitez pas à partager le lien.
Commencez la lecture ici.
dimanche 27 novembre 2011
Un peu du Bessat à Londres.
Par Frédéric Mathevet le dimanche 27 novembre 2011, 09:23 - Méta atelier
The Engine Room Festival 2011: A Celebration of Cornelius Cardew expose en ce moment, à Londres, quelques partitions circonstancielles en anglais pour l'occasion, et le livre complet des partitions du même nom.
Plus d'infos ici.





lundi 24 octobre 2011
Sémiotique Plastique
Par Frédéric Mathevet le lundi 24 octobre 2011, 09:46 - Méta atelier
Figure
Cet exposé est une succession de figures. Il débutera comme il se doit par développer la figure « figure ».
La « figure » est essentielle dans ce texte, dans la mesure où elle en constitue la méthode. Et cette méthode, parce qu'elle concerne la plasticité, doit rompre avec l'habitude et la fixité trop encore ancrées dans nos conceptualisations. Il nous faut donc une méthode à la hauteur du mouvement, qui s'adapte plutôt qu'elle ne fixe. En effet, la gymnastique qui a lieu au sein de l’atelier brasse les axiomes, les hypothèses, les moteurs, les opérations et les œuvres, et ce brassage constitue des figures. La chorégraphie plastique s’appuie nécessairement sur ces bornes, les traverse pour s’engager dans une activité artistique : une pensée qui prend forme dans un geste. La figure peut alors se comprendre comme elle a été définie par R. Barthes dans Le fragment d’un discours amoureux : « On peut appeler ces bris de discours des figures. Le mot ne doit pas s’entendre au sens rhétorique, mais plutôt au sens gymnastique ou chorégraphique ; bref au sens grec :"skema", ce n’est pas le « schéma » ; c’est d’une façon bien plus vivante, le geste du corps saisi en action, et non pas contemplé au repos (...) La figure c’est l’amoureux au travail1. (C’est moi qui souligne)»
Ce ne sont ni des métaphores, ni des symboles. C'est pourquoi les figures de cet exposé seront à la fois des précipités de la rencontre arts plastiques et musiques (une caractéristique de mon travail artistique), une gymnastique appliquée à la théorie et une manière de dire la plasticité. Elles mettent en avant l’artiste au travail dans l'atelier. Elles pourraient donner lieu à beaucoup d’autres figures, Vous constaterez d'ailleurs que leur développement est un développement gigogne (Labyrinthique diront certains), et que chaque figure appelle une quantité d'autres figures. Nous avons sélectionné celles qui concernent plus particulièrement le sujet de cet exposé : l'intermédialité.
Enfin, toutes ces figures de « l'artiste au travail », sont des témoignages de l' " expérience morale et humble " relevée pour vous, de l'atelier. Un relevé de son « infime quotidien » c'est-à-dire des figures de ma pratique ménagère. Elles se glissent entre le café, la gomme et les touches du clavier. Il n'y a de prétention dans ce texte que celle d'élever l'atelier au rang de méta-atelier (comme le méta-langage parle du langage, le méta-atelier est l'atelier exposé).
Précisons, mais je crois que mon intervention sera jalonnée sans cesse de cette même mise en garde, que mon désir plastique va contre une forme d'intermédialité que l'on pourrait qualifier de « mystique » : la synesthésie (trouble de la perception sensorielle dans lequel une sensation normale s'accompagne automatiquement d'une sensation complémentaire simultanée dans une région du corps différente de celle où se produit l'excitation ou dans un domaine sensoriel différent (source Trésor de la langue Française) ). Toutes les figures qui suivent ont été choisies pour leur capacité à décrire un travail créatif particulier où se joue l'intermédialité.
__
Entre-catégorie__
Mon travail artistique est protéiforme et cherche toujours des occasions de se mettre dans des positions funambules où l'équilibre est difficile à tenir. Ainsi, je n'ai jamais voulu choisir entre mon travail de compositeur (musique électroacoustique et musique mixte) et mon travail de plasticien. Le son et la musique voisinent avec la photographie, la vidéo, le dessin et l'installation dans la tradition inaugurée, dans mon panthéon personnel, par Morton Feldman : une pratique « entre catégorie ». C'est cette « entre catégorie » qui suppose, ou qui impose, l'intermédialité dans le processus de création dont il va être question.
Généalogiquement, mon atelier est un atelier de l'interstice. Nous aurons l'occasion d'y revenir mais cet interstice est un moteur poïétique important. Il faut entendre par moteur poïétique les figures qui mettent en mouvement la pensée et/ou les mains et qui permettent de « se rendre à l'atelier, comme l'écrivait Bruce Nauman, et de s'impliquer dans une activité quelconque. Parfois, il apparaît que cette activité nécessite la fabrication de quelque chose, parfois cette activité constitue l’œuvre. » Et, quand on précipite son travail artistique dans l'interstice, quand on décide de faire un travail entre-catégorie, c'est-à-dire quand on jongle entre les médias où le son devient une image, où l'image devient un son, dans une précipitation, sans fin, on se heurte assez vite aux institutions. Il n'est pas anodin selon moi que ce travail n'ait pu se faire, lorsque j'étais étudiant, que du côté de l'enseignement des arts plastiques. En effet, l'enseignement des arts plastiques comporte une notion faite tout entière pour penser l'intermédialité : la plasticité. Je dirais même, sans provocations, que la plasticité c'est de « l'intermédiale » en acte.
Souvenons-nous de cette œuvre de Gabriel Orozco, My hands are my heart , exemplaire pour expliquer la notion de plasticité et le travail de l'artiste de façon générale.

Un morceau d'argile est dans un premier moment serré entre les mains de l'artiste qui lui applique la pression nécessaire pour que l'argile comble l'espace vide, l'interstice, entre ses mains. Puis, dans un second temps, l'artiste ouvre ses mains et donne_ au sens où il fait un don_le résultat de sa mise en forme. Le spectateur auquel est destiné le don constate alors la ressemblance entre le morceau d'argile ainsi compressé et un cœur (avec un certain écart propre au code symbolique). L'activité dans laquelle s'investit le plasticien est simple, dans le même moment de son action il lui donne une forme. L'artiste offre ensuite l'objet qui a reçu la forme. L'argile ici apparaît comme l'interface, le coagulateur de l’activité artistique, et ce double contact, entre l'empreinte et le spectateur, a pris la forme du don, de l'offrande.
Plasticité
On peut voir dans cette œuvre un exemple, une métaphore, très pédagogique de la plasticité. Le morceau d'argile, en grec ancien, c'est le plastikos. Il s'agit du substantif du verbe plassein pour désigner l'action de modeler, avec cette subtilité que notre langue a évincée : plassein désigne la capacité à recevoir la forme autant que la capacité à donner la forme. Comme le fait Catherine Malabou, nous ajouterons immédiatement à cette polarité essentielle un troisième sens : l'anéantissement de la forme (le plastique est aussi un explosif, un mélange de nitroglycérine et de nitrocellulose ). Pour simplifier, proposons une formule qui résumerait la plasticité :

Insistons sur le mode de lecture de cette illustration: il n'y a pas de hiérarchie entre les termes, et comme nous allons le voir, le formalisation est prise dans un mouvement incessant entre chacun des pôles. À la lecture de ce schéma, nous pouvons dès à présent nous questionner : qui possède à la fois ces trois propriétés, qu'on appréhende dans le même moment, de : recevoir-donner-exploser ? Le média. En effet, lorsque Jakobson (1963) énonçait sa formule : « Qui dit quoi, par quel canal, à qui, avec quels effets ?», il simplifiait et passait selon moi à côté d'un élément essentiel du « dit » très peu problématisé. Par ailleurs dans le « contact » entre le destinataire et le destinateur, c'est-à-dire dans le média, il y a du « plastique ». Et ce plastique va considérablement changer et complexifier notre approche des sciences de la communication.
Regardons à nouveau la proposition de Gabriel Orozco. Le morceau d'argile, le plastikos, s'il est le résultat de l'activité dans laquelle s'est engagé l'artiste, comme métaphore du média, il n'est pas le seul « contact » proposé au spectateur. En effet, pour communiquer son intention l'artiste a décidé d'un autre dispositif de « contact »: deux épreuves argentiques à blanchiment de colorants de 23,2 X 31,8 cm chacune ( édition de 5). Bel exemple de la plasticité en œuvre dans toute formalisation « médiale »: le geste et l'argile, extrêmement labiles et mutables, se sont précipités dans une autre forme : la photographie. Mais ce n'est encore qu'une forme parmi d'autres. Orozco n'hésitera pas à se servir de ce petit bout d'argile dans d'autres photographies et d'autres agencements, de la même façon que, lors des expositions de son travail, on retrouve souvent le morceau d'argile en question côtoyer ces deux photographies. Le « dit » chez Orozco c'est donc une vidéo et/ou une photographie et/ou un morceau d'argile. Bref, c'est un geste qui s'actualise dans des circonstances particulières.
La plasticité est tacticienne mais n'est pas stratège. La plasticité force la pensée à sortir des clichés du plan modèle qui nous ont servi jusqu'ici à penser le signe parce que dans toutes formalisations de signe il y a du mouvement. Orozco nous propose alors bien plus qu'une « métaphore » du média. Cette œuvre va bien au-delà dans la mesure où elle montre que chaque « médialisation » n'est qu'une formalisation temporaire, un précipité parmi d'autres possibles où la plasticité a œuvré entre le destinataire, le destinateur, le référent et le réel pour reprendre l'analyse tétradique classique du signe. Mais voilà que la plasticité, dans le mouvement de « donner-recevoir-exploser » qu'elle implique, rend l'analyse de chacun des composants de la communication plus complexe. Ces derniers, jusqu'ici clairement délimités, se retrouvent au contraire pris dans des limites bien plus souples et plus floues. La plasticité, parce qu'elle intervient de façon dynamique dans le message, vient perturber les fonctions de l’émetteur, le récepteur, autant que celles de code, et le référent. La formalisation du message attrape en elle autant du référent, que du code social et que du récepteur. L'émetteur ne peut en aucun cas être le seul moteur du média, et son geste ne peut s'imprimer sur un support seul, qu'on appellerait « média » par commodité, parce que la plasticité suppose une infusion à tous les niveaux de la communication.
Si nous devions prendre une image simple pour expliquer ce qu'est un « média » à l'aune de la plasticité, nous choisirions l'image du précipité chimique : dans le mouvement dynamique de « donner-recevoir-exploser » qu'il y a entre l’émetteur, le récepteur (mais ils ne le sont pas encore), le code et le référent, se précipite le « média » : un geste-support-contact particulier et temporaire. Encore faut-il une phase, pour filer la métaphore chimique, qui permettra cette solidification, c'est-à-dire un « contexte » que nous nous plaisons à nommer une « circonstance ». Si nous n'avons pas dans cette communication l'occasion d'aller plus loin dans cette sémiotique plastique, insistons sur ce qui nous paraît le plus pertinent pour la suite de notre exposé : le média est plastique, et par sa plasticité même, il est par définition intermédiale (ce qui a bien été compris par la médiacratie « mondialisante » en vigueur : le message c'est une publicité, un logo, un tee-shirt, un événement...)

Le média est un précipité de « donner-recevoir-exploser » qui suppose d'une part un émetteur, et avec lui toute sa part de signifié et de référent, et un récepteur, avec toute sa part de signifié et de référent, mais, dans le jeu des signifiants auxquels ils vont se livrer, la plasticité travaille et les signifiants ne sont plus ces éléments fixes mais bien des solidifications temporaires où signifié et référent migrent et se transforment. Bref, la plasticité est virale dans le média, elle travaille en profondeur sa mise en forme. Contrairement à nos sémiotiques qui ont pris comme modèle d'analyse l'indice, nous choisirons pour ausculter notre atelier (c'est-à-dire comme modèle d'analyse poïétique) d'en appréhender plutôt les symptômes. Il faut approcher la plasticité par symptômes, c'est-à-dire chercher les ramifications, les conjonctions, les métamorphoses, les circulations, sous la peau des médias (au contraire on a toujours pensé les études sur le signes et le sens à partir du paradigme de l'indice : ce qui se détache et se promeut en signe.) C'est ce que nous nous proposons de faire dans la suite de notre exposé et qui prend la forme de « figures ».
(extrait de la conférence au colloque internationale des études sur l'intermédialité, Porto.)
mercredi 19 octobre 2011
Mécaniques Funambules
Par Frédéric Mathevet le mercredi 19 octobre 2011, 17:04 - Funambule

Mécaniques funambules, __partition suspendue__ pour saxophone baryton (esquisse 2) à l'occasion des dimanches rouges, au petit bain (Paris). Saxophone baryton : __Jean Philippe Velu.__
Meca fun 2 petit bain 2 by EL CORDONNIER
dimanche 5 juin 2011
Peinture d'histoire
Par Frédéric Mathevet le dimanche 5 juin 2011, 15:39 - résistance

mardi 26 avril 2011
Piano piece (extrait)
Par Frédéric Mathevet le mardi 26 avril 2011, 17:47 - Transposer
exoticism so cute
Par Frédéric Mathevet le mardi 26 avril 2011, 15:12 - résistance
samedi 23 avril 2011
Piano piece (extrait)
Par Frédéric Mathevet le samedi 23 avril 2011, 08:50 - Transposer
Piano piece (extrait)
Par Frédéric Mathevet le samedi 23 avril 2011, 08:39 - Transposer
jeudi 21 avril 2011
Piano piece (extrait)
Par Frédéric Mathevet le jeudi 21 avril 2011, 14:45 - Transposer
lundi 4 avril 2011
Rec-U-aime (compte rendu)
Par Frédéric Mathevet le lundi 4 avril 2011, 19:30 - Couture
dimanche 13 mars 2011
Fragment
Par Frédéric Mathevet le dimanche 13 mars 2011, 15:07 - Doublage
Paris, Le 25 avril 1792
(Illisible) J’ai assisté ce matin à la première représentation de mon nouvel instrument. M. G. m’avait convié à ce premier essai. Nous sommes donc partis, aux plus jeunes heures du matin, place de Grève. M. G. me confia que la convention avait choisi de châtier aujourd’hui un criminel bien ordinaire mais qu’elle envisageait déjà, si la décollation était concluante, de mettre en place très rapidement des raccourcissements plus patriotiques. Il ajoutait non sans humour : « Nous constaterons ensemble la précision de votre clavecin ! » C’est ce que nous fîmes. (Illisible)
Pendant un instant je crus voir dans le reflet du couperet mon papier portée, tomber « comme la foudre » (comme aime à le répéter M. G.) (Illisible) Je ne sais pas s’il s’agit d’une déformation professionnelle ou de l’analogie répétée entre la « lucarne » et mes clavecins, mais je me souviens du son du couperet au passage de la nuque et de celui, sourd, du contact de la tête et de l’osier. (Illisible) Je me rappelle avoir pensé, dans le même moment de la décapitation, au projet du père Castel…à son clavecin oculaire. (Illisible) J’ai pensé réaliser une organologie de la décollation. Un orgue à couperet où l’on choisirait les victimes en fonction des mesures de leur crâne et du poids de leur cervelle.
Journal de Tobias Schmidt, Facteur en clavecin, Strasbourg.














