| L'AUTRE MUSIQUE | |
Les pratiques musicales et les pratiques artistiques contemporaines forcent à aborder d’une autre façon la pratique et la pensée musicale. La transdisciplinarité en cours dans les arts vivants et les arts plastiques nous permet d’envisager une autre approche des matériaux, des pratiques artistiques et des modes de diffusion. Une réflexion artistique rigoureuse ne peut s’envisager dans un monde sensible multiconnecté, c’est-à-dire dans un monde où chacun des champs que représentent le public, l’artiste, l’œuvre et les médiateurs communiquent à participation égale les uns avec les autres.
L’atelier l’Autre musique sera l’occasion
de produire et de diffuser des œuvres par rapport avec cette hypothèse, de
valider, de discuter, de confronter et de développer cette pensée diagonale
de la pratique artistique.
La réflexion comme la pratique feront des va-et-vient incessants entre tous
les champs artistiques en présence.
Il semble qu’une telle réflexion dans la pratique conduise à nous interroger sur :
• l’apport de la sociologie et d’une « sémiotique pragmatique » à la réflexion esthétique et poïétique de la musique, et de toutes les formes de pratique artistique ;
• l’apport de l’ethnomusicologie et l’ouverture qu’elle apporte sur les pratiques sociales de transmission et les constructions sociales de la musique et des pratiques artistiques ;
• la situation ou la circonstance : une remise en
situation de la composition musicale et de la pratique artistique dans l’art
contemporain, c’est-à-dire dans une conception polysensible et polyartistique
de l’œuvre.
objectifs :
-
ouvrir vers une autre pensée de la syntaxe musicale,
-
interroger les contaminations
dans les deux sens entre la musique et les autres champs de l’art,
-
réflexions
autour de l’enseignement de l’art à tous les niveaux,
- réflexions autour de la diffusion des œuvres
et de leur impact dans le champ social (collectif/individuel).
L’autre musique a pour objet la création polyartistique et interdisciplinaire, ainsi que la recherche scientifique qui articule les processus créatifs avec le champ social.
Portant une attention soutenue aux œuvres
et aux processus de création, les artistes-chercheurs de L’autre musique s’intéressent
aux approches sociologiques, anthropologiques, poïétiques, esthétiques, philosophiques
et sémiotiques, sans restrictive.
Les artistes-chercheurs de L’autre musique se fixent plusieurs buts complémentaires :
1. La production et la diffusion d’œuvres musicales, construites sur d’autres modalités d’écriture que l’écriture musicale occidentale communément admise, et témoignant d’une exigence polyartistique et interdisciplinaire.
2. La mise en relation des processus créatifs
et des œuvres produites avec
des chercheurs de nombreuses disciplines : sociologie, anthropologie, poïétique,
esthétique, philosophie et sémiotique, etc.
Les artistes-chercheurs de L’autre musique veulent repenser la place du travail
artistique dans le champ social.
3. La mise en place d’une forme nouvelle de
politique culturelle, d’une part, en cherchant les possibilités
d’une autre économie de production
et de diffusion des œuvres, d’autre part,
en rendant accessibles au plus grand nombre les œuvres et la réflexion.
Pour rompre avec les catégories préétablies
où sont cloisonnées recherche scientifique, création culturelle et divertissement
populaire, les artistes-chercheurs de L’autre
musique promeuvent toutes les formes
qui rendront perméables les champs.
Pour atteindre ces objectifs, les artistes-chercheurs de L’autre musique mettent
en œuvre :
1. Une revue semestrielle L’autre musique assortie d’une problématique, avec un comité de lecture et un comité scientifique ;
2. Un blog « laboratoire » conçu comme un espace de dialogue entre artistes intéressés par la démarche de L’autre musique privilégiant les notes, les esquisses, les erreurs de parcours, mais aussi les échanges, les appropriations et les rebondissements ;
3. Des manifestations artistiques en lien direct avec les préoccupations sociales et esthétiques de l’autre musique ;
4. Des rencontres entre les chercheurs et le public, qui pourront prendre la forme de conférences, de colloques, de performances, d’atelier, etc.