archéologie

Paris, Le 25 avril 1792

(Illisible) J’ai assisté ce matin à la première représentation de mon nouvel instrument. M. G. m’avait convié à ce premier essai. Nous sommes donc partis, aux plus jeunes heures du matin, place de Grève. M. G. me confia que la convention avait choisi de châtier aujourd’hui un criminel bien ordinaire mais qu’elle envisageait déjà, si la décollation était concluante, de mettre en place très rapidement des raccourcissements plus patriotiques. Il ajoutait non sans humour : « Nous constaterons ensemble la précision de votre clavecin ! » C’est ce que nous fîmes. (Illisible)

Pendant un instant je crus voir dans le reflet du couperet mon papier portée, tomber « comme la foudre » (comme aime à le répéter M. G.) (Illisible) Je ne sais pas s’il s’agit d’une déformation professionnelle ou de l’analogie répétée entre la « lucarne » et mes clavecins, mais je me souviens du son du couperet au passage de la nuque et de celui, sourd, du contact de la tête et de l’osier. (Illisible) Je me rappelle avoir pensé, dans le même moment de la décapitation, au projet du père Castel…à son clavecin oculaire. (Illisible) J’ai pensé réaliser une organologie de la décollation. Un orgue à couperet où l’on choisirait les victimes en fonction des mesures de leur crâne et du poids de leur cervelle. Journal de Tobias Schmidt, Facteur en clavecin, Strasbourg.

27. mars 2011 par Mathevet Frédéric
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