NOISES #Cécile Babiole #BZZZ

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*Nom : Babiole

*Prénom : Cécile

*Site  : http://www.babiole.net/

*Titre de l’œuvre : BZZZ! le son de l’électricité

*Instrumentation ou modalités d’interprétation :  6 générateurs « maison », 12 amplis domestiques, 24 haut-parleurs, 

*Questionnaire :

  1. Comment décrieriez-vous ce bruit ?
  1. Le bruit est-il une notion pertinente dans votre travail sonore ou musical ? Pourquoi ?
  1. Pensez-vous que l’avenir de la musique se trouve dans les bruits ?

De la musique électronique au sens littéral. Si j’ai écrit qu’il s’agit de musique électronique « au sens littéral », c’est que je l’ai vraiment faite le fer à souder à la main.

CB-generateur

 

Avec cette pièce j’ai été autant le luthier que le compositeur. J’ai créé six petits générateurs de fréquence à base de composants électroniques très basiques sans utiliser les circuits logiques des oscillateurs des synthétiseurs analogiques ni recourir à la synthèse numérique.

 

J’ai préféré une troisième voix, l’association micro-contrôleurs + échelles de résistances qui m’a permis de moduler le courant électrique et ainsi de générer des vibrations sonores légèrement amplifiées. Six sons simultanés sont ainsi créés et répartis dans l’espace grâce à des distributeurs, des amplis et des haut-parleurs. 

 

En réinventant un générateur de formes d’ondes low tech et obsolète à l’heure du tout numérique, cette sculpture s’inscrit dans une réflexion sur l’histoire des techniques, et tente d’exprimer à sa manière un hommage au son analogique sans échantillonnages ni traitements, elle met en scène la physicalité du son de l’électricité. 

 

Mes influences remontent à loin en arrière : je viens de la musique industrielle-noise des années 80 (je faisais partie du groupe Nox que j’ai co-fondé en 1982) et suis restée fidèle à un goût pour le son électrique saturé, la distorsion, le bruit… qui ne s’appelait pas encore « noise music » puisque ce courant était en train de naître. À l’époque mes influences se situaient à la croisée des chemins de la musique savante et de la musique populaire : les recherches de Russolo et plus tard de la musique électroacoustique d’un côté et de l’autre, le rock : rock allemand « atmosphérique » des années 70 comme Neu (ancêtre de Karftwerk) ou rock à grosses guitares comme celui de Led Zeppelin.

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Mais c’est l’expérimentation la plus physique qui a toujours guidé ma pratique, c’est pourquoi je me sens aussi tributaire de plasticiens comme Tinguely et de son esthétique de la panne.Les non-initiés entendent un combat de sauterelles et de grillons.

Ce type de son est impossible à produire et à entendre en dehors du dispositif qui met en scène littéralement le son de l’électricité. Toutes les connexions et les câbles sont à vue et permettent de visualiser le processus de génération du son en même temps qu’ils constituent le matériau de la réalisation plastique.

 

BIO: De la musique industrielle dans les années 80 (au sein du groupe Nox) aux arts électroniques et numériques aujourd’hui, le travail de Cécile Babiole évolue de manière transversale, croisant les circuits de la musique et des arts visuels. Loin d’une pluridisciplinarité de mise, c’est le passage d’un langage à un autre, la contamination d’un code par un autre qui sous-tendent sa pratique. Ses derniers travaux s’intéressent à la confrontation du numérique et du Son. Son travail a été exposé internationalement : Centre Pompidou, Mutek Montréal, Fact Liverpool, MAL Lima, et distingué par de nombreux prix : Ars Electronica, Locarno, prix SCAM, bourse Villa Médicis hors les murs, Transmediale Berlin, Stuttgart FilmWinter and Expanded Media Festival… 

 

29. janvier 2014 par Mathevet Frédéric
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