« L’esplanade »

Imaginez la scène.
Vous êtes assis sur un banc, sur une place que l’on qualifiera « d’esplanade », parce qu’elle se déploie
en vis-à-vis d’une station, lieu de transit par où passe une foule plus ou moins nombreuse.
Vous êtes là et vous êtes captivé par la vie de l’esplanade, par tous ces corps animés qui l’investissent.
Vous observez tous ceux qui vont et viennent de la station.
Vous regardez aussi tous ces habitués du lieu, qui y passent une partie importante de leur journée,
voire de leur existence.
Et vous êtes particulièrement intéressé par les «occasionnels », dont vous ne savez pas trop ce qu’ils font,
ni ce qu’ils pensent, encore moins ce qui les a amenés là, mais vous vous plaisez à imaginer leur histoire.
Vos impressions combinent observations, fantasmes et fictions.  Ce que vous voyez s’enrichit de vos
divagations, alimentées par vos souvenirs, par associations d’idées.
Ce qui se déroule devant vos yeux devient une scène de film, et vous ne savez pas si vous êtes un acteur,
un figurant, le narrateur ou un simple spectateur. Vous observez plusieurs choses à la fois, plusieurs voix
s’expriment et se mélangent, troublant la limite entre ce que vous pensez et ce que vous faîtes.

17. septembre 2010 par celio
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